Budget de la Défense : quel horizon pour nos armées ?

Le président de la République a réaffirmé aujourd’hui son plan d’économies pour 2017, tout en maintenant l’objectif de porter notre effort de défense à 2% du PIB en 2025, afin de garantir la pérennité et l’efficacité de nos armées, comme l’influence française dans le monde.

Jamais dans l’histoire récente de nos armées nous n’avons été engagés sur autant de fronts avec si peu de moyens.

Dans un monde dangereux et incertain, nous demandons chaque jour davantage à nos militaires pour garantir notre sécurité, sur tous les théâtres : au Levant, au Sahel, ou encore sur notre propre territoire dans le cadre de l’opération Sentinelle.

Chacun est conscient des efforts budgétaires que la France doit fournir pour assainir ses finances et respecter ses engagements internationaux. Ainsi, tous les ministères contribuent au plan d’économie de 4,5 milliards d’euros demandé par le ministère du Budget.

Entamer ce quinquennat par une entaille de 900 millions d’euros dans le budget de la Défense appelle à une certaine vigilance, alors que 55% des Français considèrent que celui-ci est insuffisant pour que les armées puissent remplir leurs missions au demeurant toujours plus nombreuses (IFOP-DICoD, mai 2017). Ce ministère, qui a déjà consenti à de lourds efforts ces dernières années (réduction des effectifs de 40 000 personnes en 7 ans) est aujourd’hui le premier concerné par les restrictions budgétaires, à hauteur de 20% des économies demandées.

Les dépenses d’équipement seront les premières touchées, alors que nos militaires manquent cruellement de moyens. De nombreux matériels sont vieillissants. Ainsi, 60% des véhicules de l’armée de terre sont insuffisamment blindés, mettant en péril au quotidien la vie de nos soldats. L’expérience montre que l’étalement des programmes d’équipement, loin d’aboutir à des économies, aboutit le plus souvent à d’importants surcoûts, à l’exemple des frégates FREMM .
Rappelons que l’industrie de la Défense, très innovante, demeure l’une des rares activités non délocalisables et fortement pourvoyeuse d’emplois, notamment à Brest. En France, 165 000 emplois, souvent hautement qualifiés, en dépendent directement.

En outre, le ministère des Finances prévoit que le surcoût lié aux opérations extérieures soit intégralement supporté par le ministère de la Défense, et non par un financement interministériel, comme c’est l’usage. Soit nous donnons à nos armées les moyens de leurs missions, soit nous faisons le choix d’un engagement plus limité, et nous devons l’assumer politiquement. On peut ainsi s’interroger sur le financement du service national actuellement à l’étude.

En 1960, la France consacrait 6,5% de son budget aux ministères de la justice, de l’intérieur, des affaires étrangères et de la défense, contre seulement 2,8% en 2014.
Depuis lors, les missions des l’Etat se sont considérablement élargies. N’oublions pas, toutefois, que la première mission de l’Etat est d’assurer la sécurité de ses citoyens à l’intérieur comme à l’extérieur.
Soyons attentifs à ne pas désarmer nos ministères régaliens.