Avenir des lanceurs et autonomie spatiale européenne

Le 12 mars en réunion des commissaires LaREM à la défense, Jean-Charles Larsonneur introduisait le débat sur le thème des lanceurs et de l'autonomie d'accès à l'espace aux côtés de Messieurs Charmeau et Richard d'ArianeGroup. Retrouvez ci-dessous le texte de son intervention.


"Chers collègues, chers collaborateurs,

Nous avons le plaisir d’accueillir MM. Charmeau et Richard pour échanger sur l’avenir des lanceurs et l’autonomie spatiale européenne.


Avant toute chose, je les remercie de l’accueil que j’ai reçu il y a quelques semaines sur le site des Mureaux où j’ai visité l'usine d'assemblage d’Ariane 6 et la plateforme de qualification du M 51. J’y ai mesuré l’excellence du savoir-faire et la passion qui anime les salariés.


La France a été pionnière de la conquête spatiale. Par l’exploitation des synergies entre secteur civil et secteur militaire, elle a su accéder en toute indépendance à l’espace. Elle a su aussi être le catalyseur de projets structurants pour l’Europe : des lanceurs Ariane aux satellites de renseignement électromagnétique, d’observation, de télécommunications et de navigation (Galileo).


Cette ambition spatiale française confère à Ariane Group une place stratégique dans notre secteur spatial de défense et notre base industrielle et technologique de défense. La dualité des produits et des services est au cœur du modèle économique de l’entreprise. De fait, la possession de technologies de lancement constitue un impératif de souveraineté garantissant le maintien des compétences technologiques et de l’outil industriel nécessaires à l’entretien de la composante océanique de la dissuasion nucléaire. Elle préserve la place de la France et de l’Europe dans l’espace, tout en crédibilisant la composante océanique de dissuasion, chère au Brestois que je suis et mise en valeur dans le « Chant du Loup ».


Dans le domaine des lancements civils, le seuil des 100 lancements a été atteint par Ariane 5. Ce lanceur a même été retenu par la NASA pour le lancement en 2021 du télescope James Webb Space Telescope. Preuve s’il en est besoin, de la fiabilité de ce lanceur qui alimente un carnet de commandes qui s’élevait début 2018 à 5 milliards d’euros. M. Charmeau pourra revenir utilement sur la ventilation entre lancements commerciaux et institutionnels.

J’en viens à présent à ce qui nous réunit aujourd’hui, à savoir le devenir des lanceurs et l’accès autonome à l’espace. L’Agence spatiale européenne a financé le nouveau lanceur Ariane 6 pour 4 Milliards dont la moitié à la charge de la France. Or, ce lanceur non réutilisable sera commercialisé en 2020 dans un contexte économique marqué par l’irruption d’acteurs privés spatiaux entraînant une chute des prix et une concurrence soutenue, et par la miniaturisation des satellites. Space X est ainsi devenu le leader mondial sur le marché commercial en 2017 devant ArianeEspace.


Alors que faire ? Comment conserver notre autonomie d’accès à l’espace ? Doit-on renoncer à notre souveraineté, comme a pu le faire le Royaume-Uni ?

En premier lieu, s’il connaît des bouleversements, le marché du spatial présente des formidables perspectives de croissance : le montant total du marché va croître de 350 Md $ en 2018 à 1 100 md$ en 2040 selon étude de Morgan Stanley. La France a sa voix au chapitre car elle maîtrise l’ensemble du spectre des technologies spatiales (lanceurs, satellites …).

Une feuille de route européenne ambitieuse pour le spatial à l’initiative de la France donnerait de la visibilité à nos industriels et la confiance nécessaire à leurs investissements. Des projets sont sur les rails dans le domaine satellitaire (CSO, CERES), lançons-en de nouveau dans la surveillance de l’espace, les lasers de découragement, l’exploration spatiale…


Par ailleurs, pour soutenir la compétitivité du lanceur européen et financer son évolution incrémentale, il importe de soutenir son exploitation par des commandes pluriannuelles institutionnelles. En effet, la concurrence américaine s’appuie sur une commande publique annuelle 10 fois supérieure à celle de l’Europe (5 Md $ contre 0,5Md $) ! Un buy european act dans le domaine des lancements institutionnels, soutenu par le DGA Joël Barre, permettrait de consolider le plan d’affaires de l’industrie européenne, de contractualiser la production du premier lot de lanceurs Ariane 6 et d’assurer une transition optimisée entre Ariane 5 et 6.

Dans un contexte de diffusion sans précédent des applications spatiales à des champs nouveaux d’activités militaires (comme civiles), il est plus nécessaire que jamais de conserver un accès souverain à l’espace pour que nos armées conservent une liberté d’appréciation, d’accès et d’action.


M. Charmeau, vous l’aurez compris, vous trouverez au sein des commissaires LREM à la défense une écoute et du soutien. Nous avons déjà adopté une loi de programmation militaire qui prévoit plus de 3, 6 milliards pour le renouvellement de nos capacités satellitaires, nous attendons désormais, comme vous, la stratégie spatiale française !"



Pour nous contacter :

Permanence parlementaire - 28 Boulevard Gambetta - 29200 Brest

Tél. : 02 29 63 86 68 - Courriel : jean-charles.larsonneur@assemblee-nationale.fr

Assemblée Nationale - 126 rue de l'Université - 75355 Paris 07 SP

Tél. : 01 40 63 74 05

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