Doublement des frégates basées à Brest

La Marine nationale double le nombre de ses frégates à Brest.


« Le doublement du nombre de frégates de premier rang à Brest d’ici à 2026 est une excellente nouvelle. Je l’appelle de mes vœux depuis plus de cinq ans maintenant que je travaille à la commission de la Défense et des Forces armées.

Il répond d’abord au besoin de protection de nos concitoyens face à l’intensification de la menace russe en Atlantique Nord, sur laquelle j’ai régulièrement alerté, notamment dans des rapports parlementaires, à l’Assemblée nationale ainsi qu’à l’assemblée parlementaire de l’OTAN. Les sous-marins russes et leurs drones font peser une menace importante sur nos navires mais aussi sur les infrastructures civiles de communication comme les câbles sous- marins.

Pour l’activité de la base navale, l’emploi et le dynamisme de l’industrie dans la région brestoise, c’est évidemment une décision très positive et structurante sur le long terme. Ce sont plusieurs centaines de marins supplémentaires et leurs familles qui poseront leurs bagages à Brest au cours des prochaines années, mais aussi des activités de soutien, d’entretien et de réparation navales portés à leur plus haut niveau depuis les années 1990. »

Mes travaux parlementaires :

  • Jean-Charles Larsonneur et Charles de la Verpillière, Les enjeux géopolitiques et de défense en Europe de l’Est, Assemblée nationale, commission de la Défense nationale et des forces armées, 23 février 2022

  • Jean-Charles Larsonneur, Les enjeux de sécurité dans le Grand Nord, Assemblée parlementaire de l’OTAN, 26 octobre 2021

Pour aller plus loin :

Depuis le début du désarmement (juin 2022) du Latouche-Tréville (1990 - 2022), ultime frégate du type F70, Brest ne disposait que de trois frégates : les Frégates Multi-Missions (FREMM) Aquitaine (2015), Bretagne (2019) et Normandie (2020).

À l'occasion de la mise à l'eau définitive de la première Frégate de Défense et d'Intervention (FDI), l'Amiral Ronarc'h, au cours d'une cérémonie qui s’est tenue à Lorient, ce lundi 7 novembre, présidée conjointement par le ministre des Armées, M. Sébastien Lecornu, et le ministre de la Défense nationale de la Grèce, M. Nikólaos Panayotópoulos, il a été confirmé que le nombre de frégates, à Brest, allait doubler d'ici à 2026.

La FREMM Auvergne (2018) quittera Toulon pour Brest dès décembre 2022.

Les deux premières FDI destinées à la Marine nationale, l' Amiral Ronarc'h et l' Amiral Louzeau, seront livrées et rejoindront Brest respectivement en 2024 et 2026.

Ce renforcement confirme les enjeux liés à l'activité sous-marine russe dont la nouvelle doctrine maritime (2022) accentue encore les efforts en faveur de la modernisation et du renforcement de l'arme sous-marine russe, plus particulièrement pour les théâtres de l'océan Atlantique Nord et de l'océan glacial Arctique.

La lutte Anti-Sous-Marine (ASM) a pris un poids sans cesse croissant dans la Marine nationale : pour un format à 15 frégates de 1ier rang, il y a désormais 13 frégates spécialisées dans la lutte ASM.

Ce mouvement traduit l’effort de la France dans l’Atlantique Nord, en lien avec ses alliés de l'Alliance atlantique et de l'Union européenne, et garantit la crédibilité de la composante océanique de la Dissuasion nucléaire française.

Le poids géostratégique de Brest pour l'accueil des forces navales de l'Alliance atlantique et notamment des porte-avions américains et français grâce aux infrastructures portuaires de la base navale, en pleine modernisation, se confirme également. En témoignait le choix de Brest par l'US Navy pour l'escale technique (30 juin - 11 juillet 2022) du porte-hélicoptères amphibie USS Kearsarge. Ceci devrait nous inciter à reconsidérer dès maintenant de futurs travaux afin que la base navale de Brest puisse accueillir le Porte-Avions de Nouvelle Génération (PA-Ng). L'économie brestoise bénéficiera immédiatement de l'arrivée d'un équipage supplémentaire de FREMM avec les 110 marins de l' Auvergne, puis de deux équipages de FDI (2 x 110) : soit un total de 330 marins. La Marine nationale entend étendre le système dit à « double équipage ». Cela devrait se traduire par quatre équipages supplémentaires à Brest, la Normandie n'ayant actuellement qu'un seul équipage.

En outre, le surcroît d'activité opérationnelle des navires se traduira par d’importantes retombées en termes d’activité industrielle et d’emploi pour la pointe du Ponant (maintien en condition opérationnelle des navires et soutien).